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Partir à la découverte de l’Asie entre modernité et tradition (juin 2018)

La croisière Asie du sud-est de la Compagnie Holland America Line offre sans doute le parcours le plus pertinent pour dresser un sommaire de cette région du monde.  

De Singapour à Hong Kong, puis de Hong Kong à Shanghai, elle fait escale en Thaïlande, au Cambodge, au Vietnam, aux Philippines, à Taïwan et au Japon.

Avant le départ attardons-nous à Singapour, ville monde, captivante, ville en lumières, celles des promenades le long de la Singapore River où il fait bon musarder jour et nuit dans un lacis de restaurants, bars, terrasses, hôtels, clubs ou musées; celles des faisceaux scintillants autour de Marina Bay, de son hôtel emblématique, dans ses fastueuses galeries marchandes ou ses jardins. Brillance encore dans les bijouteries de Little India, les échoppes invitantes de Chinatown ou le luxe ostentatoire d’Orchard Street. Mais aussi une cité tirée à quatre épingles où tout semble ordonnancé, où le négoce est comme l’ADN de la ville et le consumérisme l’unique dessein de ses habitants et de ses visiteurs.

 

Nous quittons la ville du lion sur le Volendam, surprenant bateau vintage au premier coup d’œil, mais dont la simplicité et la capacité d’accueil raisonnable se révèleront vite des atouts maîtres, mis en jeu par un équipage aux petits soins, un service à bord irréprochable, une animation créative et une cuisine peu variée mais excellente.à Remontant le Golfe du Siam, le Volendam fait d’abord escale sur l’île de Koh Samui dont le seul «attrait» est de rendre manifeste les ravages du tourisme de masse, puis à Laem Chabang à deux heures de route de Bangkok. Bien nous en a pris d’avoir fait appel à une agence de tourisme francophone locale pour visiter la capitale thaï. Esquivant ses embouteillages endémiques, ses foules et malgré une chaleur d’étuve, nous avons navigué sur la rivière Chao Phraya, artère vitale de la ville, puis succombé à la féérie ensorcelante des temples royaux dont le Grand Palais et le vénéré Bouddha d’émeraude, le Wat Pho et son imposant Bouddha couché de 46 mètres de long ou le Temple de l’aube (Wat Arun) recouvert de tesselles en céramique polychrome… 


Au Cambodge, nous avons quitté le navire à Sihanoukville pour gagner Siem Reap par avion. La localité est dédiée au site d’Angkor, merveille archéologique envoutante et icône du tourisme mondialisé. Les entrelacs racinaires du Tah Prom, les faces énigmatiques du Bayon, les fresques vertigineuses d’Angkor Vat forment un ensemble dont la photogénie le dispute à l’apparat. A proximité, une échappée jusqu’aux villages flottants du lac Tonlé Sap nous rappelle toutefois la dure réalité khmer, âmes sensibles s’abstenir. Un avion d’une compagnie lituanienne avec équipage lituanien(!!!) nous dépose à Ho Chi Minh ville ou plutôt Saigon tant la ville et son nom tiennent leur revanche sur l’histoire.

 

Un bref aperçu de son patrimoine architectural colonial français et nous réembarquons. 
De Phu My à la Baie d’Along, la navigation vers le Golfe du Tonkin illustre la mue radicale du Vietnam. A Nha Trang et Da Nang s’amarre une nouvelle riviera asiatique: de vastes plages de sable blond sur les grèves desquelles s’alignent tours résidentielles, hôtels internationaux et Luna parcs. Hoi Han est un village de carte postale digne de servir de décor à un film Kung Fu. Fantomatiques dans la brume, les pitons karstiques de la Baie d’Along jouent à cache-cache et les choix inadéquats des organisateurs locaux avivent notre frustration. La première partie de notre odyssée s’achevait à Hong Kong qui dispose à Kowloon d’un terminal de croisière flambant neuf à la démesure de cette ville électrisante. 

Partir à la découverte de l’Asie entre modernité et tradition (septembre 2018)

De Hong Kong à Shanghai, la deuxième partie de la croisière Asie du sud-est sur le Volendam de la Compagnie Holland America Line commence donc par deux journées à Hong Kong.

La pluie, la première depuis notre départ de Singapour s’invite. Le magnétisme de cette Babel trépidante et régimentaire nous avait grisé voici plus de trente ans. Le charme est rompu. La ville n’offre plus que le visage blafard d’une termitière frénétique. Seul le Star ferry, délicieusement suranné, perpétue entre Kowloon et Hong Kong la légende du «port aux parfums». A Manille, musiciens et danseurs nous accueillent dans un concert endiablé de sons et de couleurs. Sur le quai, les nombreux membres d’équipage philippins retrouvent leurs familles dans une joyeuse et touchante cohue. Le soleil et la chaleur sont de retour, mais dans le Vieux Manille, la Cathédrale et l’Église Saint Augustin sont des havres de fraîcheur. L’escale est trop brève pour visiter réellement la capitale des Philippines. On se contentera du Manille historique et de son empreinte hispanique.

Deuxième ville de l’île de Taïwan, Kaohsiung, nouvel amer portuaire de l’Asie, cherche à diversifier son économie. Si l’assise touristique est lacunaire, le gisement affleure: une rade profonde et des temples surréalistes fâcheusement engloutis dans l’anonymat des quartiers. Sur l’emplacement de l’ancien consulat britannique, un musée pittoresque montre la voie à suivre. Dans la capitale Taiiei, les averses perturbent la visite du mausolée de Tchang Kaïchek et du Mémorial aux martyrs avec sa relève de la garde virtuose. Dévotion populaire toujours, dans les temples ou devant les prestigieuses enseignes de la tour 101, qui fut un temps la plus haute du monde.


Au sud de l’archipel nippon, Naha est la capitale de l’île d’Okinawa, théâtre d’une féroce bataille de la guerre du Pacifique. Les aussières de deux remorqueurs ne sont pas de trop pour réussir un accotage rendu à risques par le vent. A Fukuoka, les cerisiers fleurissent, rose ou blanc. Dans un temple zen à l’ascèse eurythmique, nous croisons une noce traditionnelle, ou comment s’émerveiller de la suprême élégance des parures nuptiales et des kimonos de cérémonie. De jeunes percussionnistes de taikos escortent notre départ. N’eut été des docteurs Folamour américains, Nagasaki serait resté dans l’ombre. La visite du musée de la bombe et de l’hypercentre, exact point d’impact du malheur, est poignante. Cette fois, c’est un orchestre de jeunes filles espiègles qui nous souhaite bon voyage.


On inventa autrefois le verbe «shanghaier» pour verbaliser l’enrôlement forcé de matelots. C’était l’époque des guerres de l’opium et des concessions internationales. À Shanghai, aujourd’hui, l’ancienne concession française démythifie le miracle chinois. Mais c’est le Bund, le long de la rivière Huangpu, face à la futuriste rive Pudong, qui est le rendez-vous vespéral des touristes. Dès l’aube pourtant, sur le Bund désert, les chinois sacrifient à l’art du Tai Chi et des cercles folkloriques badinent au pied d’orgueilleuses façades art déco.


De ce voyage en Asie, on retiendra qu’elle est le présent du monde. À Singapour, Taipei ou Shanghai, une noria de navires de tous tonnages empruntent de véritables autoroutes maritimes. Les populations sont nombreuses, jeunes, enthousiastes et décomplexées et l’accueil toujours bienséant et prévenant. À noter la prééminence du mandarin sur l’anglais très peu parlé. Dans cette course fiévreuse à la prouesse, on ménagera des places à part au Cambodge, pays écimé par l’hystérie des Khmers rouges et convalescent et au Japon, à contrario, puissance économique de longue date et société policée et raffinée.