Incredible India (novembre 2018)

impressions de deux voyageurs québécois

Nous avons fait un voyage en Inde du 10 février au 3 mai 2018.  Nous avons séjourné pendant à peu près trois semaines à Chennai (anciennement Madras) dans la pointe sud-est, à Shimla, dans les contreforts de l’Himalaya et à Dehli, capitale du pays. 

Incredible India! : Le gouvernement indien ne pouvait trouver meilleure expression pour promouvoir le tourisme dans son pays. L’Inde constitue en effet une destination incroyable pour les visiteurs, non seulement par la beauté de ses paysages et la splendeur de ses sites historiques, mais aussi et surtout par les contrastes saisissants, les cohabitations étonnantes et la vie trépidante, souvent chaotique, qui s’y déploient.  L’observation du trafic dans les villes est une première expérience déstabilisante pour le nouveau venu, qui comprendra rapidement pourquoi on voit si peu de piétons et pourquoi ici les voitures sont louées avec chauffeur.  Sur de larges rues, sans égards pour la délimitation des voies, on voit parfois arriver – DE FRONT – une douzaine de motos/scooters (sur lesquels se trouvent souvent une famille entière et ses bagages), 3 ou 4 rickshaws, un bus, une auto et une charrette tirée par des bœufs…  Tout ce beau monde klaxonne à qui mieux mieux pour affirmer son existence et réussir à se frayer plus « rapidement » un chemin vers sa destination.  L’espoir de trouver sur les trottoirs un refuge sécuritaire est vite déçu, ceux-ci étant largement colonisés par des kiosques de toutes sortes et une population animale inattendue.  À part l’iconique vache sacrée qu’on croisera sans trop de surprise, bon nombre de chiens errants, de chèvres, de poules, parfois même un cochon ou un chameau seront de la partie.  

Et que dire des singes de Shimla! The Queen of the Hills fait d’ailleurs figure d’exception avec ses kilomètres de rues interdites au trafic automobile. C’est un magnifique havre de paix pour les marcheurs, avec son air pur, frais, vivifiant et ses sommets enneigés. Une bonne idée pour sortir un peu du stress et de la pollution des grandes cités surpeuplées.  Le choc du trafic passé et le système auditif acclimaté au bruit assourdissant des klaxons, ce sont les contrastes présents dans la société indienne qui frappent le voyageur. La richesse clinquante et affirmée côtoie le dénuement, volontaire ou non, la modernité à l’occidentale se démarque sur fond d’us et coutumes traditionnels, particulièrement dans le Sud, région plus conservatrice. Rien de plus fascinant que l’homme d’affaires en chemise blanche et d'hoti, le front cendré de la marque de Vishnou ou de Shiva, en train de texter au coin d’un édifice, ou alors la jeune femme en sari de soie coloré, des fleurs de jasmin fraiches dans les cheveux, sortant ravie du Kentucky Fried Chicken, son Pepsi à la main.  


L’omniprésence de la religion (particulièrement au pays tamoul) et la cohabitation généralement harmonieuse de nombreux cultes différents (Islam, Christianisme, différents visages de l’Hindouisme) ont aussi été pour nous autant objets d’étonnement que de plaisir.  À Chennai, ville pourtant en pleine modernisation, on voyait devant presque chacune des maisons un kolam  et un petit autel dédié à une divinité regorgeant d’offrandes nouvellement apportées.  Les temples hindous étaient légion et de nombreux dévots y circulaient, dans le plus grand respect des rituels millénaires.  On entendait aussi les prières des muezzins, amplifiées par des hauts-parleurs fixés sur les minarets aux quatre coins de la ville, et il était touchant de voir des enfants, toutes religions confondues, jouant gaiement les uns avec les autres dans la cour des nombreuses écoles privées, dont les noms nous rappelaient sans peine l’héritage catholique québécois.  


La diversité linguistique que nous avons pu observer et entendre au pays de Gandhi a été une autre occasion de surprise et de fascination.  L’Inde compte en effet un nombre faramineux de langues maternelles (plus de 230), et un nombre étonnamment élevé de langues officielles (une vingtaine, selon les états et territoires constituant le pays). Plusieurs de ces langues sont par ailleurs radicalement différentes les unes des autres, avec chacune un alphabet qui lui est propre.  Une vraie tour de Babel… où l’on parvient malgré tout à se comprendre grâce à l’anglais, médium pratique, facile et très largement ré pandu. Toute une chance pour les touristes, qui pourront se débrouiller sans trop de peine sans devoir apprendre l’hindi, l’ourdou ou le kannada (!).

Incredible India (décembre 2018)
Impressions de deux voyageurs québécois

Nous avons fait un voyage en Inde  du 10 février au 3 mai 2018.  
Nous avons séjourné pendant à peu près trois semaines à Chennai (anciennement Madras) dans la pointe sud-est, à Shimla, dans les contreforts de l’Himalaya et à Dehli, capitale du pays. 

Au cours de notre périple, nous avons eu la chance d’en apprendre beaucoup sur l’Inde par l’entremise de nos guides et chauffeurs, mais aussi grâce à deux familles du cru qui nous ont reçus chez elles pour partager un repas (cette activité était prévue dans nos tours guidés).  Nous avons alors été surpris par l’organisation de la maisonnée (souvent formée d’un patriarche, sa femme et des familles fondées par leurs fils), par le respect témoigné aux ainés et par l’importance accordée à l’éducation des enfants, ce qui nous a conduits à réfléchir aux façons de faire qui ont cours ici au Québec.  L’autorité que les parents exercent sur leurs enfants, même adultes, a eu de quoi nous étonner, tout spécialement dans le domaine des relations amoureuses. En effet, aujourd’hui encore, la vaste majorité des mariages indiens sont arrangés par les parents, selon la caste et l’horoscope (!) des futurs époux. À notre grande surprise, la plupart des gens rencontrés ne semblaient pas s’en plaindre. 


Ils se montraient même parfois franchement critiques à l’égard de la prédominance chez nous des mariages d’amour, nous faisant remarquer la quantité importante de divorces dans notre société. Les repas que nous avons eu le bonheur de partager avec ces familles nous en ont appris beaucoup sur le mode de vie indien, mais aussi sur sa gastronomie. Nous étions en effet invités à mettre la main à la pâte et aux épices et avons été initiés aux bases des cuisines du Sud et du Nord du pays : une expérience inoubliable!

Pour le palais néophyte, la nourriture indienne semblera sans doute franchement épicée (il ne faut jamais oublier de préciser less spicy au moment de la commande dans un restaurant), mais après une nécessaire acclimatation, elle saura ravir aussi bien les végétariens que les carnivores… acceptant de se satisfaire du poulet. De plus, s’il peut paraître un peu déconcertant la première fois de se retrouver à manger, sans ustensiles, sur une feuille de bananier, c’est une expérience culinaire dont il ne faut surtout pas se priver.  Les conseils prodigués par serveurs et voisins de table permettront de savourer tous les délices exotiques proposés sans trop de dégâts.  

En ce domaine comme en beaucoup d’autres, il ne faut pas se gêner pour demander de l’aide à la population locale, qui sera ravie de venir au secours de l’étranger démuni ou désorienté. La vaste majorité des gens que nous avons rencontrés étaient sympathiques et serviables et ne demandaient qu’à donner un coup de pouce et engager la conversation. Très curieux, ils ne manquaient jamais de nous interroger sur notre pays d’origine, notre famille, notre emploi, notre salaire… Les Blancs sont rares en Inde, beaucoup plus qu’on ne l’aurait cru, et le visiteur doit s’attendre à être observé, voire scruté, et photographié, avec ou sans autorisation préalable.  Au cours de notre séjour, nous avons fini par perdre le compte des selfies auxquels nous avons été invités à nous joindre, notre passage se transformant parfois en véritable événement dont les locaux voulaient garder un souvenir. Incredible India !
 
Oui, dépaysement garanti. Une expérience humaine extraordinaire, auprès de gens simples mais dignes, avides de grandir et d’en apprendre toujours davantage. Un ravissement constant, au contact de civilisations riches et fières, dont les joyaux architecturaux raviront de nombreuses générations encore.